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PROLOGUE Dans le travail present on essaiera d’ esquisser l’ interêt théorique des applications mathématiques issues des sciences cognitives,dans les sciences sociales (si l’on admet que les sciences sociales n’ont font pas partie).Nous disposons a ce jour des outils mathématiques particulierment performants, aptes à classer les données d’une maniére « intelligente »,discriminer les données interessantes et pertinentes pour nos critéres ou bien encore,prevoir et predire des choses aussi diverses que la bourse,l’issue d’ une maladie,un comportement…Il s’agit là de l’ intelligence artificielle.Le progrés technique actuel a permis une meilleure comprehension des processus stochastiques.
Les
reseaux neuronaux sont l’ exemple-type de ces applications. Dans ce travail on
explique progressivement l’historique de la naissance de ces outils à partir
des sciences cognitives,avant d’entamer leur description precise et
d’apporter un exemple précis d’aide au diagnostic par le biais de
l’intelligence artificielle.On anticipe que la même methodologie illustrée
ici pourra être appliquée aux sciences sociales.
Le
but est de demontrer l’ interêt theorique de ces nouvelles approches mathématiques
dans la methodologie des sciences sociales. Géneralités
Les
sciences cognitives ont pour objet de décrire, d’expliquer et le cas échéant
de simuler les principales dispositions et capacités de l’esprit humain –
langage, raisonnement, perception, coordination motrice, planification... Nées
il y a quelque trente-cinq ans dans un contexte scientifique fortement marqué
par la naissance de l’informatique et le développement des notions et des
techniques de traitement formel de l’information, elles constituent
actuellement un faisceau de programmes de recherche relevant de différentes
disciplines, articulés autour de quelques paradigmes, appuyés sur certains
concepts-pivots et animés par un petit nombre d’idées-forces ou d’hypothèses
fondamentales concernant la nature profonde de leur objet d’étude et la manière
de la dévoiler.
Ce sont ces
paradigmes, concepts et hypothèses qui les distinguent, au sein des disciplines
dont elles relèvent, d’autres traditions, et qui dans le même temps les
rassemblent par-delà les divisions disciplinaires. Pourtant, elles posent dans
leur progrès même la question de leur objet véritable, de leur délimitation,
de leur spécificité et de leurs fondements. Il est donc impossible
aujourd’hui de s’en tenir, pour décrire ce domaine encore très jeune, à
une définition «extensionnelle» (par l’objet d’étude), ou à une définition
«intensionnelle» (par les options théoriques), ou encore à une définition
historique: il faut aller de l’une à l’autre, sans tenter de parvenir à
une conception parfaitement stable et consensuelle. Cette difficulté se reflète
dans des incertitudes terminologiques mais qui ne sont pas que cela.
Bref
historique Si les sciences cognitives ont, selon l’aphorisme de Howard Gardner, une histoire relativement courte, leur passé est très long: il remonte aux origines de la philosophie occidentale et plonge aux sources de certains des principaux courants scientifiques des temps modernes.
L’evolution
étymologique du mot « legw
(Homer,Iliade,Rhapsodie B,125)marque un pas decisif dans l’ evolution de la
pensée : sa signification d’origine(je couche avec quelqu’un,je fais
l’amour)est brusquement modifié. Legw signifie maintenant « mettre », « mettre
en place », « mettre en place correctement »,et enfin « dire »,
« dire vraiment,correctement » « dire la verité »
« parler avec raison ».Il n’est pas certain si il s’agit là
d’une « mutation » linguistique ou d’une evolution trés
rapide.Quoiqu’il en soit, le lien du mot « legw avec
l’element erotique est indéniable.
L’
evolution vers le mot «Diale/gomai »(d’où le mot :dia-logue)ne
peut etre consideré que comme l’evolution attendue.Le dialogue,base de la démocratie
et des rapports humains,ne peut donc pas etre vide d’amitié,d’amour et
enfin d’ « Eros » pour autrui.Or,il est important de souligné ici
le lien du « Lo/goj » avec « )/Erwj », le lien entre la Pensée
et l’ Eros , lien intime autour duquel s’articule la philosophie hellénique.
Eros est le
seul dieu capable de se faire ecouter par le tout-puissant Zeus ou encore,par
Hadés,dieu des Enfers,comme dans le cas d’ Eurydice.Subtil et omnipresent il
guide Nou=j (Raison) vers la
decouverte et la comprehension de «Ei)=nai »(Etre) à travers le
« Lo/goj».Car, « Tau)to/n ga/r e)sti/ noei=n te kai/ ei)=nai »,selon
Parmenide(Ve s. avant notre ére) ;c’est à dire que ce que l’on
comprends à l’aide de la Raison est la Realité.
La
philosophie ionique,qui a suivi le « Moyen Age » du monde Hellénique
de l’Antiquité,se situe environ 4 siécles après la destruction de la
civilisation mycenéene par les Doréens.A Mycènes,les fouilles archéologiques
n’ont trouvés comme seuls ecrits des comptes (d’aliments,d’animaux..) ;
reflet d’une societé qui mettait l’accent sur la quantité.Ceci change
brusquement avec la signification de «le/gw »chez Homer ; un
changement qui contrairement aux hypothéses de Levi-Strauss sur l’evolution
linguistique,n’est pas l’ expression d’un resultat d’evolution sociale,d’
où le terme de « mutation linguistique » pourrait etre plus
approprié dans ce contexte. Le/gw dans « dia-le/gw »(je
choisi) mets l’accent sur la qualité , qualité dans les rapports (democratie)
par exemple,dont l’ origine est l’ Eros,l’amour sans limites ou frontiéres,amour
aussibien pour la Nature que pour Autrui.La philosophie pré-socratique,developpée
principalement en Ionie,est une philosophie Naturaliste qui comprends l’homme
en tant que partie integrant de celle-ci et examine les rapports de l’Homme
avec la Nature.Pour Heraclite «Lo/goj » peut etre compris comme un ratio
mathematique,un algorithme qui regit les rapports .
Cette
notion a été ulterieurement repris par Heidegger mais elle n’a etait que
recemment conceptualisée sous forme des theories mathematiques appliquées,issues
des sciences cognitives. Il est possible de situer les «causes immédiates» de l’avènement de ces sciences dans la période qui s’étend entre le milieu des années 1930 et la fin des années 1940. Deux articles fondamentaux du grand logicien anglais Alan Turing encadrent symboliquement cette préhistoire: en 1936, il jetait les bases mathématiques et conceptuelles de ce qui deviendrait, au cours de la décennie suivante, et en partie une seconde fois grâce à lui, l’ordinateur électronique programmable; en 1950, il reformulait en termes modernes le vieux projet d’une machine intelligente, et en montrait la cohérence philosophique.
La logique
mathématique apporte au cours de cette période d’essentiels outils
conceptuels et techniques, et constitue un cadre dans lequel peuvent être pensés
à la fois le formalisme et le calcul, portés à un haut degré de généralité
et d’opérativité. Mais c’est la cybernétique qui, à partir de 1943,
rassemble la totalité des ingrédients nécessaires à la mise en œuvre du
grand projet d’explication matérialiste et de simulation du mental dont sont
issues les sciences cognitives: il s’agissait de rien de moins que penser
ensemble le cerveau, l’esprit et la machine. À cette fin se développera une
réflexion fondée sur les idées d’information abstraite, d’isomorphisme
fonctionnel, voire d’identité entre machine et esprit, de réduction des
processus intentionnels à des notions sans contenu mentaliste telles que contrôle,
rétroaction, homéostase, etc., «incarnation» (embodiment ) des
fonctions mentales, logiques et autres...
Cette
cybernétique de la première époque, qu’il importe de ne pas confondre avec
des entreprises postérieures se réclamant de la même étiquette, fut dominée
non tant par Norbert Wiener que par Warren McCulloch, penseur profondément
original dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui. Même au sein
des sciences cognitives, l’importance de la première cybernétique reste
largement méconnue. C’est pourtant là qu’elles ont puisé une bonne part
de leur inspiration initiale, là encore que, sans en avoir toujours conscience,
elles retournent actuellement pour renouveler ou enrichir leur répertoire
d’idées.
Les idées
de la première cybernétique se sont beaucoup développées à l’occasion
d’une série de réunions interdisciplinaires, les «conférences Macy» (dix
sessions entre 1946 et 1953), auxquelles participaient régulièrement, ou
furent invités selon l’opportunité, outre les six cybernéticiens de la
première heure (McCulloch, Wiener, John von Neumann, Arturo Rosenblueth, Julian
Bigelow, Walter Pitts), des mathématiciens, des anatomistes, des physiologistes,
des naturalistes, des psychologues, ainsi que quelques anthropologues,
sociologues, linguistes et philosophes – citons, parmi les plus connus,
Gregory Bateson, Kurt Lewin, Lorente de Nó, Margaret Mead, Leonard Savage et,
à titre d’invités, W. Ross Ashby, Yehoshua Bar-Hillel, Max Delbrück,
Roman Jakobson, Claude Shannon... Dans la diffusion de leurs idées, et leur
confrontation aux courants dominants et à d’autres pensées naissantes,
plusieurs colloques jouèrent un rôle important; les plus retentissants furent
celui de New York en 1946, intitulé «Teleological Mechanisms», et le Hixon
Symposium de 1948. L’influence de la cybernétique des origines s’exerça au
cours des deux décennies suivantes à partir du laboratoire que McCulloch
dirigea au Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.) jusqu’à sa mort, et
par lequel nombre des maîtres actuels passèrent. John von Neumann fut une
autre figure clé, en raison tant du développement qu’il donna à la théorie
des automates et de sa contribution décisive à la conception de l’ordinateur
que de ses réflexions sur la nature des processus mentaux.
La première
cybernétique nous conduit à la naissance des sciences cognitives: la dernière
conférence Macy se tient à Princeton en 1953, et en 1956 a lieu, au M.I.T., un
«Symposium on Information Theory» qui marque symboliquement, aux yeux de
plusieurs des principaux acteurs, le début d’un nouveau mouvement, intégrant
dans une perspective commune la psychologie expérimentale, la linguistique théorique
et la simulation par ordinateur des processus cognitifs. C’est également à
1956 (rencontre de Dartmouth) que l’on fait remonter la naissance officielle
de l’intelligence artificielle, qui jouera un rôle décisif dans le développement
du mouvement; c’est à la même époque qu’en anthropologie, en
neurophysiologie et dans les disciplines représentées au congrès du M.I.T.
une première série de travaux importants et de publications marquent l’avènement
de ce qu’il faudra encore plus de vingt ans pour désigner du nom de «sciences
cognitives».
Les années
1960 voient s’affermir d’une part, dans chaque discipline concernée, des
programmes de recherche fondés sur des conceptions apparentées, sinon littéralement
identiques, de l’objet d’étude «cognition» et des tâches scientifiques
qu’il appelle, et d’autre part le rapprochement entre disciplines: les
psychologues Jerome Bruner et George Miller fondent en 1960, à Harvard, un
Center for Cognitive Studies, qui jouera pendant une dizaine d’années un rôle
catalytique important. Cette même année, un ouvrage de Miller, Pribram et
Galanter critique de façon décisive le béhaviorisme classique alors régnant
en psychologie, et propose une approche cybernétique. En 1967, un autre
psychologue, Ulric Neisser, publie un livre intitulé Cognitive Psychology ,
et baptise ainsi une nouvelle forme de psychologie, tout en défendant et en
illustrant son indépendance vis-à-vis d’une conception, défendue notamment
par Herbert Simon et Allen Newell à la même époque, selon laquelle
l’ordinateur fournit un modèle littéral de l’esprit humain. De cette décennie
datent également les ouvrages qui, en anthropologie, en linguistique, en
intelligence artificielle, semblaient annoncer l’entrée dans l’histoire
scientifique contemporaine d’un nouveau paradigme.
Les années
1970 sont marquées par l’attribution à plusieurs grandes universités, par
deux fondations américaines (la Sloan Foundation et la Systems Development
Foundation), de fonds considérables destinés à la création de véritables
centres interdisciplinaires de grande envergure, capables de mettre en œuvre
une politique scientifique ambitieuse et de donner aux nouvelles sciences une
assise scientifique et institutionnelle. C’est des dernières années de cette
décennie que date l’apparition de la locution «sciences cognitives». Des
revues internationales, des sociétés savantes, des colloques et rassemblements
annuels commencent à constituer un réseau de communication internationale et
partiellement interdisciplinaire.
Les années
1980 voient l’intelligence artificielle tout à la fois gagner en importance
absolue et perdre, au sein de la «galaxie cognitive», en importance relative.
Le développement institutionnel se poursuit, la mode aidant, avec
l’apparition des premiers programmes d’étude et la création de départements
multidisciplinaires, voire interdisciplinaires. La plupart des grands pays
industriels participent à l’effort, même si les États-Unis demeurent
largement en tête. Le connexionnisme
envahit le domaine, obligeant à repenser certaines frontières, et
critiquant, de l’intérieur, nombre de ses hypothèses initiales. Pourtant,
une certaine stabilisation globale se fait sentir, et laisse à penser que les
sciences cognitives, précisément parce qu’elles ont pu mettre en question
certains de leurs présupposés sans pour cela s’effondrer, ont désormais
atteint une maturité et une robustesse qui les mettent à l’abri de tout
risque de disparition subite par retournement de l’effet de mode.
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